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Traduction: Lic. Caridad Karell Marín
Dép. Traductions
Infomed–CNICM
Cuba
Directives
de la pratique clinique pour la DSR/SDRC - NOUVELLE ÉDITION
Troisième édition
Version Amicale
D'Imprimeur
Dystrophie Sympathique Réflexe/Syndrome
Douloureux Régional Complexe (DSR/SDRC)
Anthony F. Kirkpatrick, M.D., Ph.D.
Éditeur
Département de Médecine Interne
Université de South Florida
Tampa, Floride
Lic. Caridad Karell Marín
Traduction
Dép. Traductions
Infomed-CNICM
Cuba
International Research Foundation for RSD/CRPS
Mise à jour du 1e janvier 2003
Préface
de la Troisième Édition
La première réunion internationale pour la « Mise à jour
sur la DSR/SDRC » s'est tenue du 1e au 2 février 2002 à
l'Université de South Florida. Grâce aux efforts organisationnels
du Dr Srinivassa Raja, de l'Université John Hopkins, le
symposium a présenté un groupe exceptionnel d'experts internationaux
sur la DSR/SDRC. Le symposium a créé une fondation afin
d'élaborer la troisième édition des Directives de la pratique
clinique.
Les Directives de la pratique clinique sont devenues les
normes pour le traitement de la DSR/SDRC. De même que dans
les éditions précédentes, mon intention a toujours été de
procurer une information impartiale qui permettra aux patients
de faire des choix informés pour leur traitement. Comme
vous avez pu constater dans un récent numéro du JOURNAL
OF THE AMERICAN MEDICAL ASSOCIATION, l'information a du
être soigneusement sélectionnée et organisée. *L'une des
raisons pour lesquelles les médecins et les patients ne
suivent pas les Directives de la pratique clinique est que
la plupart d'entre elles ne sont pas suffisamment concises
pour qu'ils puissent les lire, les comprendre et les suivre.
Il faut que les Directives soient présentées d'une façon
concise, en disant en effet : « Ces mesures sont considérées
comme essentielles, ces autres doivent être prises en considération,
et ce groupe a été trouvé inefficace ou contre-indiqué.
»
L'addition la plus remarquable à la Troisième Édition fut
une nouvelle section titrée « La DSR chez les enfants. »
Au cours de la préparation de cette section, il a fallu
largement consulter les experts en traitement de la douleur
pédiatrique. Parmi ces personnes, on a compté le Dr Sabine
Kost-Byerly, de l'Université Johns Hopkins ; le Dr Robert
Wilder, de la Clinique Mayo, et le Dr Robert Schwartzman,
de l'Université Allegheny de Sciences de la Santé. Leurs
efforts, dont je suis très reconnaissant, ont été un facteur
important dans l'achèvement de cette édition.
Le Comité scientifique consultatif a tout révisé et commenté
sur la Troisième Édition des Directives. Ces personnes ont
été sélectionnées étant donnée leur compétence mondialement
reconnue dans le domaine de la DSR/SDRC. Les membres du
Comité sont listés au site en Internet de la Fondation.
Si vous voulez voir la liste des membres du Comité, cliquez
ici.
Finalement, je suis très reconnaissant aux patients et aux
professionnels de la santé du monde entier qui ont pris
le temps de fournir leurs opinions sur la Deuxième Édition.
La Fondation accueille tous les critères sur les Directives
de la pratique clinique à Contactez-nous.
Anthony F. Kirkpatrick, M.D., Ph.D.
Président du Comité scientifique consultatif
Directeur de Recherches
1e janvier 2003
* Veatch RM, Montgomery AA, Dahlberg,
K, Cabana MD, Rand CS, Powe NR, Wu AW, Abboud PC, Wilson
MH. Reasons physicians do not follow clinical practice guidelines.
JAMA 2000; 283: 1685-1686.
Contenu:
Diagnostic
Traitement
Galerie Photo
Protocole de traitement avec opiacés
Le Système à Pile Externe
Versus le Système à Pile
Comment déterminer l'efficacité
des traitements pour la DSR/SDRC
DSR chez les enfants
--- NEUF!
Références
Glossaire des termes médicaux
LE
SYNDROME DE LA DYSTROPHIE SYMPATHIQUE RÉFLEXE
(DSR/SDRC)
Le Syndrome de la Dystrophie Sympathique Réflexe (DSR) est
également connu sous le nom de Syndrome Douloureux Régional
Complexe (SDRC). La DSR/SDRC est un syndrome comportant
plusieurs symptômes (multi-symptômes), plusieurs systèmes
(multi-systèmes), et qui affecte généralement un ou plusieurs
membres, mais qui peut affecter virtuellement n'importe
quelle autre partie du corps. Bien qu'elle ait été décrite
il y a 125 ans par les docteurs Mitchell, Moorehouse et
Keen, la DSR/SDRC demeure mal comprise et souvent méconnue.
La meilleure manière de décrire la DSR/SDRC est en termes
de blessure à un nerf ou à des tissus mous (p. ex. une fracture
osseuse) qui ne suit pas le cours normal de la guérison.
Le développement de la DSR/SDRC ne semble pas dépendre de
l'ampleur de la blessure (p. ex. un éclat logé dans un doigt
peut déclencher la maladie). En fait, la blessure peut être
si insignifiante que le patient peut ne pas se souvenir
de l'incident. Pour des raisons que nous ne comprenons pas,
le système nerveux sympathique semble assumer une fonction
anormale suivant la blessure. Il n'existe pas un test de
laboratoire unique qui permet de diagnostiquer la DSR/SDRC.
Ainsi, le médecin doit évaluer et documenter les affections
subjectives (histoire médicale) et, si présentes, les manifestations
objectives (examen médical), de manière à supporter le diagnostic.
Il existe une tendance naturelle à précipiter le diagnostic
de la DSR/SDRC, même sans manifestations objectives parce
que le diagnostic précoce est critique. La DSR/SDRC non-diagnostiquée
et non-traitée peut se répandre à tous les membres, ce qui
rend le processus de réadaptation beaucoup plus difficile.
Lorsque le diagnostic est posé tôt, les médecins peuvent
utiliser des techniques de mobilisation sur le membre affecté
(physiothérapie), ainsi que des blocs sympathiques pour
enrayer ou atténuer la maladie. La DSR/SDRC non-traitée
peut avoir de terribles conséquences en raison des difformités
permanentes et de la douleur chronique. Il n'existe pas
d'étude démontrant que la DSR/SDRC affecte la durée de la
vie du patient. La DSR/SDRC peut potentiellement entraîner
des conséquences financières à long terme. À un stade avancé
de la maladie, les patients peuvent présenter des problèmes
psychosociaux et psychiatriques significatifs. Ils peuvent
être dépendants des narcotiques et peuvent être frappés
d'une incapacité complète à cause de la maladie. Le traitement
des patients présentant un stade avancé de la DSR est un
défi et demande beaucoup de temps.
DIAGNOSTIC
S'il est possible de démontrer un dommage important du nerf
associé au développement des symptômes de la DSR/SDRC, on
réfère alors à la condition en termes de syndrome douloureux
régional complexe (SDRC) type II ou causalgie. Généralement,
la causalgie fournit une évidence plus objective de la maladie
à cause des changements neurologiques (engourdissements
et faiblesse).
Les termes syndrome douloureux régional complexe (SDRC)
de type I et de type II sont utilisés depuis 1995, date
à laquelle l'Association internationale pour l'étude de
la douleur (IASP) sentit que les noms de dystrophie réflexe
sympathique et causalgie représentaient de façon inadéquate
le spectre complet des signes et symptômes observés. 1-8
Le terme « Complexe » fut ajouté pour transmettre l'idée
que la DSR et la causalgie expriment des signes et symptômes
variés. Plusieurs publications, particulièrement les plus
anciennes, utilisent encore les noms de DSR et causalgie.
Afin de faciliter la communication et la compréhension,
la dénomination DSR/SDRC est généralement utilisée tout
au long de ce guide de pratique clinique. Les principes
applicables au diagnostic et à la gestion de la DSR sont
similaires aux principes qui régissent le diagnostic et
la gestion de la causalgie.
Afin d'établir un diagnostic précoce de la DSR/SDRC, le
praticien doit reconnaître que certains traits ou manifestations
de la DSR/SDRC sont plus caractéristiques du syndrome que
d'autres et, que le diagnostic clinique est établi en ajoutant
chaque morceau du casse-tête jusqu'à ce qu'une image claire
du problème émerge. Les médecins ont souvent besoin d'exclure
d'autres désordres potentiellement fatals qui possèdent
des caractéristiques similaires à la DSR/SDRC, p. ex. un
caillot sanguin dans la veine d'une jambe ou une tumeur
au sein se propageant aux glandes lymphatiques peuvent causer
un membre enflé et douloureux. D'ailleurs, la DSR/SDRC peut
s'avérer une composante d'une autre maladie, (p. ex. une
hernie discale de la colonne vertébrale, un syndrome du
tunnel carpien de la main, une crise cardiaque). Ainsi,
le traitement de la DSR/SDRC consistera souvent au traitement
de caractéristiques cliniques plutôt qu'au traitement d'une
maladie bien définie. Lorsque la DSR/SDRC s'étend, le diagnostic
peut s'en trouver compliqué. Par exemple, si elle s'étend
au membre opposé, il peut s'avérer plus difficile d'établir
un diagnostic car il n'existe pas de côté normal (contrôle)
pour comparer les manifestations objectives. Alternativement,
la propagation des symptômes de la DSR/SDRC peut actuellement
faciliter le diagnostic de la DSR/SDRC car la propagation
des symptômes est une caractéristique du problème. (Voir
ci-dessous)
Importance des manifestations
objectives
Plusieurs patients développant la DSR/SDRC à cause d'une
blessure se retrouvent dans un contexte de responsabilité
légale. Certains patients peuvent s'attendre à défendre
leurs droits en cour de justice. Il est commun que le défendeur
accuse le patient de simuler sa condition et ce, spécialement
s'il n'y a pas de manifestations objectives de DSR/SDRC
documentées au dossier médical. Ainsi, le médecin traitant
doit évaluer beaucoup plus les affections subjectives (histoire
médicale.) Le médecin doit rechercher agressivement et documenter
les manifestations objectives. Par exemple, environ 80%
des cas de DSR/SDRC présente des différences de température
aux deux côtés du corps qui peuvent être soit plus froides
soit plus chaudes. Ces changements de température peuvent
être associés à des changements dans la pigmentation de
la peau. De plus, ces changements de température ne sont
pas statiques. La température de la peau peut éprouver des
changements dynamiques en un temps relativement court (en
quelques minutes.) Ces changements dépendent de façon critique
de la température de la pièce, de la température locale
de la peau et du stress émotif. Dans certains cas, les différences
de températures peuvent fluctuer spontanément sans aucune
provocation apparente. 4
Ainsi, ces différences dans la température et la couleur
de la peau peuvent ne pas être détectées par le médecin
si ce dernier ne fait qu'un seul examen physique. Un instrument
utile et relativement bon marché qu'il est bon d'avoir au
moment de l'examen physique est un thermomètre portatif
à infrarouges servant à mesurer les différences de température
cutanée. Les changements de température et de coloration
de la peau ne sont que deux exemples parmi plusieurs manifestations
objectives qui devraient être recherchées chez les patients
présentant la DSR/SDRC.
Établir le diagnostic
de la DSR/SDRC
Un diagnostic de DSR/SDRC peut être établi dans les contextes
suivants. Une histoire de traumatisme à la partie affectée
qui est associée à une douleur disproportionnée à l'événement
déclencheur et à un ou plusieurs des points suivants :
- Fonction
anormale du système nerveux sympathique
- Enflure
- Problème
de mouvement
- Changements
dans la croissance des tissus (dystrophie et atrophie)
Ainsi les patients
n'ont pas à présenter toutes les observations cliniques
listées ci-dessus pour établir un diagnostic de DSR/SDRC.
Le nouveau système de classification du SDRC reconnaît ce
fait en spécifiant que certains patients ayant la DSR/SDRC
peuvent présenter un troisième type de SDRC en le catégorisant
de « autrement non spécifié. » Il semble y avoir un petit
groupe de patients dont la douleur après le traumatisme
cesse avec le temps, laissant le patient avec un problème
de mouvement. La douleur et les symptômes associés à la
DSR/SDRC peuvent excéder la magnitude et la durée de ce
qui serait attendu dans un processus normal de guérison
après l'événement déclencheur. De façon similaire, le diagnostic
de la DSR/SDRC est exclu lorsqu'il existe une pathologie
connue qui peut être expliquée par les symptômes observés
et le degré de douleur présenté. Il existe des « degrés
» de ce syndrome qui sont décrits dans la littérature par
des symptômes allant de bénins à sévères.
Observations cliniques
associées à la DSR/SDRCS
- Douleur
- Le centre de la DSR/SDRC est la douleur et les problèmes
de mobilité non proportionnels à ce qui serait attendu
suite à la blessure initiale. La première plainte principale
pouvant souvenir à un ou plusieurs membres est une douleur
décrite comme sévère, constante, brûlante et/ou profonde.
Toute stimulation de la peau (p. ex. porter des vêtements,
une faible brise) peut être perçue comme douloureuse
(allodynie). La stimulation répétée de la peau (p. ex.
taper légèrement la peau) peut causer une augmentation
de la douleur avec chaque tape, et lorsque la stimulation
répétée cesse, il peut y avoir une sensation douloureuse
qui perdure (hyperpathie). Il peut y avoir une tendreté
diffuse ou des points tendres spécifiques dans les muscles
de la région affectée, appelés zones gâchette, et causés
par de petits spasmes musculaires (syndrome de douleur
myofaciale.) Il peut y avoir des pointes de douleur
aiguë spontanée dans la région affectée qui semble venir
de nulle part (dysesthésie paroxysmale et douleurs lancinantes.)
- Changements
cutanés - La peau peut paraître brillante
(dystrophie-atrophie), sèche ou écailleuse. Les poils
peuvent initialement pousser épais puis fin. Les ongles
du membre affecté peuvent être plus cassants, pousser
plus vite et ensuite plus lentement. Des ongles qui
poussent plus rapidement sont presque une preuve que
le patient a bien la DSR/SDRC. La DSR/SDRC est associée
à plusieurs problèmes cutanés y compris les éruptions,
les ulcères et les pustules. 9
Quoiqu'il soit extrêmement rare, certaines personnes
doivent subir l'amputation d'un membre à cause des infections
cutanées menaçant la vie du patient. L'activité sympathique
anormale (changements vasomoteurs) peut être associée
à une peau qui est soit chaude, soit froide au toucher.
Le patient peut percevoir des sensations de chaleur
ou de froid dans le membre affecté sans même le toucher
(changements vasomoteurs.) La peau peut présenter une
augmentation de la sudation (changement sudomoteur)
ou une augmentation du refroidissement cutané accompagnée
de chair de poule (changement pilomoteur.) Les changements
de coloration de la peau peuvent aller d'une apparence
blanche et tachetée à une apparence rouge ou bleue.
Les changements de coloration de la peau (et la douleur)
peuvent être déclenchés par des changements de températures
de la chambre, spécialement par des environnements froids.
Cependant, beaucoup de ces changements surviennent sans
aucune cause apparente. Les patients décrivent leur
maladie comme si elle faisait à sa propre tête.
- Enflure
- Les odèmes mous (une empreinte demeure pour un temps
lorsqu'on appuie un doigt) ou durs (fibreux) sont habituellement
diffus et localisés à la région douloureuse et sensible.
Si l'odème est nettement démarqué sur la surface de
la peau le long d'une ligne, il s'agit presque d'une
preuve que le patient présente la DSR/SDRC. Cependant,
certains patients présenteront un odème nettement démarqué
parce qu'ils attachent un bandage autour du membre pour
raison de confort. Ainsi, nous devons nous assurer que
l'odème nettement démarqué n'est pas dû à la présence
antérieure d'un bandage autour du membre.
- Problème
de mouvement - Les patients souffrant la
DSR/SDRC ont des difficultés à se mouvoir parce qu'ils
ont mal lorsqu'ils bougent. De plus, il semble exister
un effet inhibiteur direct de la DSR/SDRC sur la contraction
musculaire. Les patients décrivent une difficulté à
initier le mouvement comme s'ils présentaient des articulations
« rigides. » Ce phénomène de rigidité est plus frappant
pour certains patients à la suite d'un bloc sympathique,
lorsque la rigidité disparaît. La diminution de la mobilisation
d'un membre peut conduire à une perte musculaire (atrophie
par manque d'utilisation.) Chez certains patients, la
DSR/SDRC cause peu de douleur, mais cause beaucoup de
rigidité et de difficulté à initier le mouvement. 7
Des tremblements et des secousses involontaires sévères
des membres peuvent être présents. Le stress psychologique
peut exacerber ces symptômes. La survenue de crampes
musculaires (spasmes) peut être sévère et complètement
incapacitante. Certains patients décrivent un lent «
arrêt des muscles » des membres en raison de l'augmentation
du tonus musculaire ce qui laisse les doigts ou les
orteils dans une position fixe (dystonie.) Les patients
atteints de mouvements tellement bizarres peuvent être
inexactement diagnostiqués d'un trouble de mouvement
psychogénétique. En plus, le fait que les changements
comportementaux extrêmes surviennent souvent après une
lésion plutôt insignifiante chez les patients avec DSR/SDRC
peut faire penser que le patient est aussi atteint d'un
trouble psychogénétique.
Les patients atteints de mouvements tellement bizarres
peuvent être inexactement diagnostiqués d'un trouble
de mouvement psychogénétique. En plus, le fait que les
changements comportementaux extrêmes surviennent souvent
après une lésion plutôt insignifiante chez les patients
avec DSR/SDRC peut faire penser que le patient est aussi
atteint d'un trouble psychogénétique.
Les critères spécifiques de diagnostic ont été établis
pour le diagnostic des troubles de mouvement psychogénétique
dans les cas où la DSR/SDRC est impliquée. 10
Malheureusement, les médecins ne suivent pas quelques
fois ces directives de diagnostic et rapportent avec
insouciance un trouble « psychogénétique. » 11
Ce diagnostic erroné peut être accablant pour le patient,
et peut retarder les soins médicaux urgents.
Un examen clinique parfois utilisé pour démontrer qu'un
patient est en train de simuler une faiblesse musculaire
est appelé « détection de la faiblesse. » Cet examen
n'est pas un indicateur fiable d'un trouble de mouvement
psychogénétique. Les patients atteints de DSR/SDRC seront
détectés à cause de la douleur, lorsqu'une force est
appliquée à leur membre. Ils seront aussi détectés parce
que ces patients ont du mal à supporter une contraction
musculaire.
- Propagation
- Initialement les symptômes de la DSR/SDRC sont généralement
localisés au site de la blessure. Plus le temps passe,
plus la douleur et les symptômes ont tendance à devenir
diffus. Généralement, le problème commence dans un membre.
Cependant la douleur peut survenir au niveau du tronc
ou dans un côté de la figure. Alternativement, la maladie
peut commencer dans un membre distal et se propager
au tronc et à la figure. À ce stade de la maladie, un
quadrant entier du corps peut être impliqué. Maleki
et al. ont récemment décrit trois patrons de propagation
des symptômes de la DSR/SDRC. : 12
- Un type
de propagation « continu » où les symptômes se propagent
vers le haut à partir du site initial, p. ex. de
la main vers l'épaule.
- Un type
de propagation « en miroir » où la propagation se
retrouve sur le membre opposé.
- Un type
de propagation « indépendant » où les symptômes
se propagent à une région corporelle indépendante
et distante. Ce type de propagation peut être lié
à un second trauma.
- Changements
osseux - La radiographie peut démontrer une
perte osseuse (ostéoporose en plaques) ou une scintigraphie
osseuse peut démontrer une augmentation ou une diminution
de la capture de certaines substances radioactives (technétium
99m) dans les os suite à une injection intraveineuse.
- Durée
de la DSR/SDRC - La durée de la DSR/SDRC
varie. Dans les cas légers, elle peut durer des semaines
et être suivie d'une rémission; dans plusieurs cas la
douleur persiste pour des années et dans certains cas,
indéfiniment. Certains patients présentent des périodes
de rémission et d'exacerbation. Les périodes de rémission
peuvent durer des semaines, des mois ou des années.
Stades
de la DSR/SDRC :
La classification de la DSR/SDRC par stade est une notion
qui se perd. L'évolution de la maladie semble être tellement
imprédictible entre différents patients que la classification
par stade n'est pas utile au traitement. Toutes les observations
cliniques listées ci-dessous pour les divers stades de la
DSR/SDRC ne sont pas nécessairement présentes. La vitesse
de progression varie grandement chez différents individus.
Les symptômes des stades I et II commencent à apparaître
à l'intérieur d'un an. Certains patients ne progressent
pas jusqu'au stade III. De plus, certains symptômes précoces
(stade I et II) peuvent disparaître au fur et à mesure que
la maladie progresse au stade III. Les stages suivants ne
sont présentés dans ces Directives que pour leur signification
historique.
STADE
I
- Apparition
d'une douleur sévère limitée au site de la blessure
- Augmentation
de la sensibilité de la peau au toucher et aux pressions
légères (hyperesthésie)
- Enflure
localisée
- Crampes
musculaires
- Rigidité
et mobilité limitée
- Au début,
la peau est habituellement chaude, rouge et sèche,
puis elle peut passer à une apparence bleutée (cyanotique)
et devient froide et moite.
- Augmentation
de la sudation (hyperhydrose).
- Dans les
cas légers, ce stade dure quelques semaines puis connaît
une rémission spontanée ou répond rapidement au traitement.
STADE
II
- La douleur
devient plus sévère et plus diffuse
- L'enflure
tend à se propager et elle peut changer du type mou
(p. ex. une empreinte demeure pour un temps lorsqu'on
appuie un doigt) au type dur (fibreux)
- Les poils
peuvent devenir épais puis peu nombreux, la vitesse
de croissance des ongles peut augmenter puis diminuer
et ces derniers peuvent devenir cassants, craqués
et présenter d'importants sillons
- Une perte
osseuse en plaque (ostéoporose) survient tôt mais
peut devenir sévère et diffuse
- La perte
musculaire commence
STADE
III
- La perte
marquée de tissu (atrophique) devient éventuellement
irréversible
- Chez plusieurs
patients, la douleur devient incurable et peut être
présente dans le membre entier
- Un faible
pourcentage de patients a développé une DSR affectant
tout le corps. 6
GALERIE
PHOTO
Le Dr Robert J. Schwartzman, dont le nom est synonyme de
DSR/SDRC, a apporté cette galerie de photos aux Directives
de la pratique clinique. Ces photos illustrent quelques-unes
des manifestations objectives qui peuvent être observées
chez les patients atteints de DSR/SDRC. Veuillez
noter que les patients souffrant de DSR/SDRC peuvent ne
pas présenter ces manifestations objectives et ce, spécialement
lors des stades précoces de la maladie.
Le Dr Schwartzman est professeur et directeur du Département
de Neurologie à l'École de Médecine Hahnemann à Philadelphie,
Pennsylvanie, aux États-Unis. En 1984, il était l'un des
pivots de la fondation de l'AADSR et est membre du Comité
scientifique consultatif. À travers ses nombreuses publications,
conférences et efforts de recherche, il partage son expérience
clinique en sensibilisant les autres aux effets de la DSR/SDRC.
Le Dr Schwartzman a reçu plusieurs honneurs et récompenses,
y compris le prix pour l'enseignement de la neurologie de
la Clinique Mayo et le prix spécial du Doyen, soulignant
l'excellence en enseignement de l'Université de Médecine
Hahnemann pour les années 1998 et 1999.
Pictures
1 - 4
Pictures 5 - 8
Pictures 9 - 12
Pictures 13 -16
D'autres noms donnés à ce syndrome :
- Causalgie
(mineure ou majeure)
- Atrophie
de Sudeck
- Dystrophie
post-traumatique (mineure ou majeure)
- Syndrome
épaule-main
- Dystrophie
Neuro-vasculaire Réflexe
Incidence de la DSR/SDRC :
- La prévalence
exacte de la DSR/SDRC est inconnue. Cependant, les
données de plusieurs études suggèrent qu'elle soit
plus fréquente qu'on est généralement estimé.
- Les hommes
et les femmes peuvent être affectés, mais l'incidence
de ce syndrome est plus élevée chez la femme, notamment
dans la population infantile.
Étiologie :
- Nombreux
facteurs précipitants sont associés à la DSR/SDRC y
compris :
- Un traumatisme
(souvent mineur) s'avère l'évènement déclencheur
le plus fréquent
- Maladie
cardiaque ischémique ou un infarctus du myocarde
- Problèmes
de la colonne cervicale ou de la moelle épinière
- Lésions
cérébrales
- Infections
- Chirurgies
- Problèmes
associés aux mouvements répétitifs ou traumatisme
cumulatif causant des conditions telles que le tunnel
carpien.
Cependant, chez certains patients un évènement déclencheur
précis ne peut pas être identifié.
Cause de la DSR\SDRC
Les études actuelles suggèrent que le mécanisme par lequel
une blessure déclenche la DSR/SDRC n'est pas clair. La Figure
1 veut donner au lecteur un aperçu simplifié de la manière
dont une blessure peut conduire aux symptômes de la DSR/SDRC.
Figure
1
L'activation du système nerveux sympathique, après une
blessure, fait partie d'une réponse à une situation d'urgence
de type combat-fuite. Ce type de réaction est très important
pour la survie. Par exemple, l'activation des fibres nerveuses
sympathiques cause une contraction des vaisseaux sanguins
de la peau ce qui force le sang dans les muscles et permet
à la victime d'utiliser ses muscles pour se relever après
une blessure et d'échapper au danger. La diminution de
l'apport sanguin à la peau permet également de réduire
la perte de sang suivant des blessures superficielles
survenant sur la surface du corps. Habituellement le système
nerveux sympathique cesse son activité en quelques minutes
à quelques heures après la blessure. Pour des raisons
inconnues, chez les individus qui développent la DSR/SDRC,
le système nerveux sympathique semble assumer une fonction
anormale. Théoriquement, l'activité sympathique au site
de la blessure pourrait causer une réponse inflammatoire,
provocant le spasme des vaisseaux sanguins qui amènerait
plus d'enflure et de douleur. (Voir B, C et D de la Figure
1) Ces évènements pourraient provoquer plus de douleur,
laquelle déclenche une autre réponse, s'établissant un
cercle vicieux de douleur.
Pour
voir une vidéo animée qui explique comment une lésion
peut déclencher la DSR/SDRC (anglais seulement):
CLIQUEZ ICI
L'impossibilité de mobiliser la région affectée peut être
un facteur critique retardant la guérison de la DSR/SDRC.
Cependant, la désuétude du muscle ne semble pas être l'origine
de la DSR/SDRC. Par exemple, les chercheurs suèdes ont
rapporté des données très inusuelles, faisant difficile
à expliquer la genèse de la DSR/SDRC sur la base de la
désuétude. Ils ont effectué une analyse pathologique du
nerf périphérique et du muscle qui ont été prélevés des
jambes amputées de huit patients de DSR/SDRC. 13
L'amputation a été réalisée chez tous les patients parce
que le membre (hyperpathique) douloureux fut inutile ou
sujet à des infections récurrentes. Les prélèvements du
muscle squelettique ont été anormaux dans tous les cas,
mais les fibres nerveuses myélinisées ont été normales,
et la moitié des patients a eu une perte de fibres démyélinisées.
Ces conclusions indiquent une microangiopathie dans les
membres affectés. Par conséquent, les patients atteints
de DSR/SDRC ont des tissus vraiment anormaux qui ne peuvent
pas être facilement expliqués par la désuétude et/ou des
facteurs psychologiques.
Aides diagnostiques de laboratoire
:
Il n'existe pas de test de laboratoire qui seul peut servir
de preuve de l'existence de la DSR/SDRC. Cependant, il
y a deux tests (thermogramme et tomographie osseuse) qui
peuvent être utiles pour fournir des signes de la DSR/SDRC.
Thermogramme
- Un thermogramme est un moyen non invasif pour mesurer
l'émission de chaleur de la surface du corps en utilisant
une caméra vidéo spéciale à infrarouges. C'est l'un des
tests les plus utilisé dans les cas où l'on suspecte la
DSR/SDRC. Comme on peut constater, la détection d'un changement
anormal de la température cutanée dans les cas de la DSR/SDRC
dépend de plusieurs facteurs. Un thermogramme normal ne
signifie pas nécessairement que le patient n'a pas de
DSR/SDRC. Un thermogramme anormal peut être utile devant
un jury en cour de justice lorsqu'il y a un minimum de
manifestations objectives de la DSR/SDRC documentées au
dossier médical du patient. De plus, certains patrons
anormaux d'émission de chaleur (p. ex. un changement circonférentiel
versus un changement dermatologique) sont plus indicatifs
de l'existence de la DSR/SDRC que d'autres. Le thermogramme
devrait être fait à un établissement médical réputé. La
qualité du test peut varier selon le fournisseur.
Scintigraphie osseuse en trois
phases - Le rôle de la scintigraphie osseuse
en trois phases dans le diagnostic de la DSR/SDRC a été
discuté et est controversé.
Blocs sympathiques
- Voir plus bas sous la rubrique "blocs sympathiques".
Radiographie, EMG, études de
conduction nerveuse, tomographie axiale assistée par ordinateur
(CAT scanner) et imagerie par résonance magnétique (IRM)
- Tous ces tests peuvent être normaux chez le patients
souffrant de DSR/SDRC. Ces études peuvent aider à identifier
d'autres causes possibles de la douleur; par exemple,
une DSR/SDRC s'associant à un syndrome du tunnel carpien.
Traitement
La modalité la plus importante dans le traitement des patients
souffrant de DSR/SDRC est l'éducation. Le processus de consentement
informé devrait être central. Le médecin définit les possibles
bénéfices, les risques, les alternatives (et les coûts).
Dès le début, les objectifs thérapeutiques doivent être
définis et acceptés par le patient :
- Éducation
concernant les objectifs thérapeutiques
- Encourager
l'utilisation normale du membre (Physiothérapie)
- Diminuer
la douleur
- Déterminer
la contribution du système nerveux sympathique à la
douleur du patient
La pierre angulaire
dans le traitement de la DSR/SDRC est la mobilisation normale
du membre affecté autant que possible. Ainsi, toutes les
modalités thérapeutiques (médicaments, blocks nerveux, TENS,
physiothérapie, etc.) sont employées pour faciliter le mouvement
de la zone corporelle affectée. Bien que la physiothérapie
soit une modalité de traitement importante, un mauvais emploi
et un abus significatif de cette modalité peuvent survenir.
Souvent, le physiothérapeute traitera le patient souffrant
de DSR/SDRC de la même manière qu'un patient ayant un infarctus
cérébral ou une blessure du plexus nerveux (ce qui va échouer
à cause de la douleur extrême et la possible lésion avec
des manipulations passives). Le premier objectif du physiothérapeute
devrait être d'enseigner au patient la manière d'utiliser
la partie affectée de son corps à travers des activités
de la vie quotidienne. Les exercices en piscine sont très
utiles, spécialement pour les membres inférieurs sur lesquels
le support du poids corporel peut être problématique. L'objectif
de la physiothérapie devrait être de rendre le patient indépendant
du système de santé dans les plus brefs délais. Il est difficile
à apprendre « qu'avoir mal ne fait pas du mal », mais il
est essentiel d'éviter des blessures récidivantes.
Apprendre la nature non-protectrice de la douleur due à
la DSR/SDRC prend du temps. Pour les patients dont leur
habileté de mouvoir leurs membres est significativement
affectée, il est urgent de leur offrir l'opportunité de
déterminer la contribution de leur système nerveux sympathique
à la douleur. Pour ce faire, on fait un bloc sympathique
au membre affecté (Figure 2). Les options thérapeutiques
futures pour le patient vont dépendre de la détermination
d'une douleur maintenue par le système sympathique (DMS)
ou d'une douleur indépendante de ce dernier (DIS). Les rapports
publiés suggèrent que la meilleure réponse aux blocs sympathiques
survienne lorsque les blocs sont administrés dès que possible
au cours de la maladie.
L'approche « ESSAYONS CECI MAINTENANT » va être déplorée
car elle indique que le médecin n'a pas défini une stratégie
pour arriver aux objectifs thérapeutiques spécifiques dans
la période de temps la plus courte. Cela s'ajoute également
à la confusion, la frustration, l'anxiété et la dépression
du patient, ce qui pourrait intensifier la douleur de ce
dernier et affecter négativement la relation médecin-patient.
Figure
2
1. Établir un protocole écrit de traitement.
La figure 2 illustre un protocole de traitement typique
conçu pour rééduquer le patient dans la période de temps
la plus courte. Commencer d'abord par les thérapies les
plus sûres, simples et rentables. Si le patient ne progresse
pas dans la mobilisation de son membre, il est essentiel
de lui offrir immédiatement une série de 3 blocs sympathiques.
Ces blocs sympathiques ont trois buts : traiter, diagnostiquer
si la douleur est maintenue par le système sympathique et
apporter un pronostic. Le bloc sympathique indique si la
sympathectomie ou autres modalités de traitement sont ensuite
appropriées. Les blocs sympathiques sont discutés en détails
ci-dessous.
Une fois que le médecin a complété un traitement défini
(p. ex. une série de 3 à 6 blocs sympathiques), il serait
utile de préparer un rapport de mise à jour qui documenterait
la réponse du patient au traitement. Ce rapport devrait
refléter la base de futurs traitements et adresser les besoins
futurs en matière de rééducation. Donner une copie de ce
rapport au patient aidera à s'assurer que toutes les parties
intéressées demeurent informées. Donner ce rapport au patient
aide au patient et au médecin à se concentrer sur la nécessité
d'accomplir les objectifs thérapeutiques appropriés. Un
rapport de mise à jour devrait aborder cinq aspects des
soins:
- Les procédures
(p. ex. les blocs)
- Les médicaments
- La physiothérapie
et l'ergothérapie
- Les questions
psychosociales
- Les nouveaux
tests de laboratoire ou nouvelles consultations
2. Certaines modalités
psychosociales doivent être prises en considération chez
tous les patients souffrant de DSR/SDRC.
Une maladie psychiatrique ou un trouble de la personnalité
ne déclenche pas la DSR/SDRC, mais la personnalité peut
probablement contribuer à la maladie. 14,15
Les patients souffrant un stade sévère et avancé de la DSR/SDRC
éprouvent généralement une évaluation psychosociale au cours
des séries de blocs sympathiques ou avant de leur offrir
des traitements plus invasifs. Dans certains cas, une évaluation
psychosociale officielle devrait s'initier plus précocement.
Par exemple, une évaluation minutieuse des enfants ayant
la DSR/SDRC peut être essentielle pour déterminer la structure
de soutien familial et les mécanismes nécessaires afin de
créer les conditions pour la réadaptation optimale de ces
enfants.
Pour
voir gratuitement une vidéo de 4 minutes sur les conséquences
émotives de la DSR/SDRC chez les enfants (anglais seulement):
CLIQUEZ ICI
L'évaluation psychosociale devrait être toujours faite par
un expert en douleur chronique, et devrait toujours inclure
une évaluation des habiletés du patient pour faire face
à la douleur et au possible abus de médicaments. La tension
est une cause connue de l'exacerbation de cette maladie,
ce qui rend plus nécessaire le traitement d'urgence. Plusieurs
dons commémoratifs envoyés au Fond de Recherche de l'AADSR
sont le résultat de suicides! La
possibilité que le patient se suicide doit être évaluée.
Le patient peut avoir besoin de participer à un programme
officiel de traitement de la douleur en tant que patient
en consultation externe ou interne. Les patients présentant
des douleurs chroniques qui sont envoyés pour une évaluation
psychosociale ont tendance à être sur la défensive. Un MMPI
ou un autre test psychologique peut aider à identifier les
problèmes psychosociaux. Les patients doivent être adéquatement
motivés de manière à améliorer leurs habiletés pour faire
face au problème ; autrement, l'application de ces modalités
psychosociales est une perte de temps. Les techniques de
relaxation (p. ex. les exercices de respiration), ainsi
que le biofeedback et l'auto-hypnose, peuvent être des traitements
appropriés pour certains patients.
3. Les essais séquentiels
de médicaments :
Essayer d'initier les essais séquentiels pour chaque modalité
de la thérapie. L'application simultanée de plusieurs thérapies
rend presque impossible l'évaluation et l'optimisation d'une
thérapie individuelle sûre et efficace. Les patients doivent
être avisés que la dose optimale de médicaments varie grandement
d'un patient à l'autre. Ainsi, il est généralement nécessaire
d'augmenter graduellement la dose de leur médicament jusqu'au
point de toxicité afin de déterminer la dose optimale. La
dose est ensuite réduite au niveau immédiat inférieur. Par
conséquent, il est important que le patient se familiarise
avec les possibles effets secondaires d'un médicament avant
d'en faire l'essai. Des essais séquentiels de plusieurs
médicaments peuvent être requis afin de déterminer le meilleur
médicament pour le patient.
Les médicaments sont généralement prescrits selon les caractéristiques
suivantes de la douleur :
- Douleur
constante
- Une douleur
causée par des troubles de sommeil
- Une douleur
inflammatoire ou une douleur due à une blessure récente
- Une douleur
spontanée par coups (dysesthésie paroxysmale et douleur
lancinante)
- Douleur
maintenue par le système sympathique
- Crampes
musculaires
Médicaments
utilisés pour traiter la douleur chronique :
Une prescription « hors étiquette » signifie qu'un gouvernement
(p. ex. l'Administration de nourritures et de médicaments
des E.-U. - FDA) a approuvé le médicament pour une chose
mais qu'il est utilisé par les médecins pour une autre.
Par exemple, l'aspirine est un médicament contre la douleur
mais elle est aussi utilisée pour diminuer les risques de
crise cardiaque en inhibant l'agglomération des plaquettes.
Ce type de prescription est communément utilisé dans le
traitement de plusieurs problèmes de douleur chronique.
L'efficacité de certains de ces médicaments dans la réduction
de la douleur associée à des lésions du système nerveux
(douleur neuropathique) a été démontrée lors des essais
cliniques bien contrôlés. Puisqu'on croit que la DSR/SDRC
est causée par une lésion au niveau du système nerveux (douleur
neuropathique), ces médicaments sont également utilisés
pour traiter cette condition. Le patient devrait considérer
le sevrage périodique de ces médicaments en collaboration
avec le médecin traitant afin de démontrer que les médicaments
aident véritablement à soulager les symptômes. Le sevrage
de certains médicaments doit se faire lentement (p. ex.
les narcotiques, baclofen) afin de minimiser les symptômes
de manque.
La liste de médicaments généralement
utilisés pour traiter la DSR/SDRC conformément au type de
douleur inclut :
Pour
la douleur constante associée à l'inflammation :
Agents
anti-inflammatoires non stéroïdiens (p. ex. aspirine,
ibuprofène, naproxène, indométacine, etc.)
Pour
la douleur constante causée par une autre chose que l'inflammation
:
Des agents agissant sur le système nerveux
central par un mécanisme atypique (p. ex. tramadol)
Pour la douleur constante ou
par coups spontanés (paroxysmale) et des troubles de sommeil
:
Anti-dépressifs (p. ex. amitriptyline, doxépine,
nortriptyline, trazodone, etc.) 1,6
Lidocaïne orale (mexilitine - quelque peu expérimental)
Pour la douleur par coups spontanés
(paroxysmale) :
Anti-spasmogènes (p. ex. carbamazépine, le
gabapentin peut aussi réduire la douleur constante)
17-19
Pour une douleur sévère et étendue
associée à la DSR/SDRC, réfractaire à des thérapies moins
agressives :
Opiacés oraux. Pour traiter
la DSR/SDRC, l'utilisation des opiacés oraux (p. ex. les
narcotiques tels que Darvon, Vicodin, Loratab, Percocet,
morphine, codéine, etc.) est un sujet polémique, et il
existe de possibles dangers. Afin d'assurer un consentement
informé approprié, il est donc recommandé que le patient
signe un « contrat » médecin-patient. Vous pouvez trouver
un contrat médecin-patient typique en cliquant sur le
lien ci-dessous. 20
CLIQUEZ
ICI POUR LE PROTOCOLE DE TRAITEMENT AVEC OPIACÉS
Les patients peuvent avoir besoin d'un soulagement immédiat
et approprié de la douleur. Dans certains cas, passer
de la première visite du patient à un traitement approprié
prend du temps. Chez tous les patients, le cycle dégénératif
et de douleur peut probablement progresser. Comme le possible
abus est minimal quant les narcotiques sont utilisés pour
une douleur sévère, les médecins devraient refuser le
traitement narcotique, si le patient démontre le soulagement
de la douleur avec cette médication.
Pour le traitement de la douleur
maintenue par le système sympathique (DMS) :
Patch
de clonidine. Les études indiquent que la clonidine
peut diminuer la douleur associée à la DSR/SDRC en inhibant
le système nerveux sympathique. 21,22
Un protocole de traitement pour l'utilisation du patch
de clonidine dans le traitement de la DSR/SDRC peut
être trouvé dans le journal Regional Anesthesia.
23
Pour
les crampes musculaires (spasmes et dystonie) qui peuvent
s'avérer difficiles à traiter :
Klonopin
(clonazépam)
Baclofen
Pour
la douleur localisée liée à la lésion d'un nerf :
Crème de capsaïcine. (Ce médicament est appliqué
sur la peau et se comporte comme les piments brûlants.
L'efficacité de la crème de capsaïcine dans le traitement
de la DSR/SDRC n'a pas encore été déterminée) 24
4.
Physiothérapie et ergothérapie :
Les patients ont besoin d'être éduqués sur la façon d'utiliser
la partie du corps affectée par la DSR/SDRC au moyen des
activités de la vie quotidienne. Par exemple, les patients
qui souffrent de DSR/SDRC aux membres inférieurs peuvent
avoir besoin d'apprendre des exercices impliquant le poids
corporel versus des exercices ne l'impliquant pas. D'habitude,
l'hydrothérapie est médicalement nécessaire pour les douleurs
musculaires (myofaciales) et les spasmes. L'application
de pression (massage) et/ou de chaleur humide peut parfois
soulager les crampes musculaires sévères. Le physiothérapeute
peut aussi enseigner au patient l'utilisation du TENS (un
dispositif électrique non invasif qui stimule la surface
de la peau). La thérapie en piscine peut s'avérer très efficace
pour améliorer la mobilité.
5. Blocs sympathiques
:
Il existe trois raisons pour considérer le bloc du système
nerveux sympathique, lequel va faciliter le traitement de
la DSR/SDRC. Premièrement, le bloc sympathique peut entraîner
la guérison permanente ou la rémission partielle de la DSR/SDRC.
Deuxièmement, en bloquant sélectivement le système nerveux
sympathique, le patient (et le médecin traitant) obtiendra
l'information diagnostique supplémentaire sur la cause de
la douleur. Le bloc sympathique aide à déterminer quelle
portion de la douleur du patient est causée par un dysfonctionnement
de son système nerveux sympathique. Troisièmement, la réponse
du patient au bloc sympathique fournit de l'information
pronostique concernant la valeur possible des autres traitements.
25-27
C'est évident que les blocs sympathiques peuvent jouer un
rôle dans la prévention de la DSR/SDCR. Une étude rétrospective
a démontré que l'emploi prophylactique des blocs sympathiques
chez les patients ayant une histoire de DSR/SDCR a réduit
le taux d'incidence de cette maladie de 72% à 10% après
la ré-opération du membre affecté. 28
Si les blocs sympathiques ne sont pas adéquatement réalisés
et évalués, ce sera une perte de temps et d'argent, et l'information
diagnostique-pronostique sera perdue. Un bon bloc sympathique
devrait augmenter la température des membres sans produire
une augmentation de l'engourdissement ou de la faiblesse.
La sensation de chaleur informe le patient qu'il a eu un
bloc sympathique. Si le bloc cause de l'engourdissement
ou de la faiblesse, cela signifie que d'autres nerfs ont
été bloqués et il en résultera une surestimation du degré
de la douleur qui dépend du système nerveux sympathique.
Ainsi, la valeur diagnostique et pronostique du bloc sera
perdue. Le degré de soulagement et d'amélioration de la
douleur dans la gamme des mouvements et dans la tolérance
aux exercices devraient être tous notés par le patient et
enregistrés par le médecin. Cette information concernant
la réponse du patient au bloc sympathique servira d'indicateur
pronostique pour la rééducation après une série de blocs
sympathiques, et aidera le patient à décider si un bloc
permanent (destruction du nerf par sympathectomie) est approprié.
Cette information aidera également à choisir les médicaments
d'une manière plus rationnelle. Certains patients vont éprouver
un « effet de rappel » avec chacun des blocs sympathiques,
p. ex. chaque bloc sympathique successif de la série procure
un soulagement de la douleur de plus en plus important et
l'amélioration de la tolérance aux exercices. Le bénéfice
maximal soutenu d'une série de blocs sympathiques est habituellement
évident après une série de 3 à 6 blocs. Même si le site
original ne répond pas au bloc sympathique, de futures aggravations
des symptômes de la DSR/SDRC au même site ou à des sites
éloignés peuvent répondre à 1 - 3 blocs sympathiques. LE
BUT EST DE TOUJOURS TRAITER MAIS DE NE PLUS TRAITER QUE
LE NÉCESSAIRE.
Les blocs sympathiques sont généralement réalisés par un
spécialiste de la douleur formé en anesthésie. Dans ses
mains expérimentées, ces blocs peuvent être réalisés avec
un minimum d'inconfort pour le patient, et avec ou sans
sédation intraveineuse. Les complications associées au bloc
sympathique sont extrêmement rares. Cependant, il est toujours
possible que l'agent anesthésique local soit injecté par
mégarde dans un vaisseau sanguin ou dans le fluide spinal.
Si cela se produit, le patient peut devenir temporairement
faible et perdre conscience. Pour des raisons de sécurité,
les blocs sympathiques sont toujours faits dans des conditions
où les signes vitaux (pression artérielle et respiration)
peuvent être attentivement surveillés. Les patients ne doivent
pas manger dans les 6 heures qui précèdent le bloc sympathique.
Pour plus d'information concernant la sécurité des blocs,
référez-vous au site en Internet de l'Anesthesia Patient
Safety Foundation : http://gasnet.med.yale.edu/apsf/
Un bloc sympathique d'un membre supérieur est appelé un
bloc du ganglion stellaire (BGS). Le BGS est fait en insérant
une petite aiguille le long de la trachée. Les patients
sont informés qu'ils peuvent remarquer un changement temporaire
du ton de leur voix après le bloc, car une partie de l'agent
anesthésique local peut partiellement engourdir les cordes
vocales. On leur dit également qu'ils devraient prendre
de petites quantités de liquide et de petits morceaux de
nourriture immédiatement après le bloc. L'engourdissement
autour des cordes vocales place temporairement le patient
à faible risque de tousser lorsqu'il boit ou mange. Le patient
peut aussi remarquer la tombée de la paupière supérieure
causée par le BGS (signe de Horner). Un bloc sympathique
d'un membre inférieur est appelé un bloc sympathique lombaire
(BSL). Pour le confort et la sécurité du patient, le BSL
devrait être fait avec l'aide d'un fluoroscope (rayons X).
On peut trouver une vidéo d'un BSL sur le site en Internet
du journal « ANESTHESIOLOGY » : 29
Cliquez
Ici.
on a pu remarquer dans les Directives, il peut y avoir des
points douloureux spécifiques dans les muscles de la région
affectée causés par de petits spasmes musculaires appelés
zone gâchette (syndrome de la douleur myofaciale). Grâce
au bloc sympathique, le patient peut obtenir un soulagement
significatif de la douleur diffuse causée par la DSR/SDRC,
mais la douleur causée par la zone gâchette peut persister.
L'injection d'un agent anesthésique local dans la région
de la zone gâchette et/ou l'application de techniques de
physiothérapie après un bloc sympathique peut s'avérer nécessaire
afin de procurer un soulagement de la douleur supplémentaire.
6. Sympathectomie :
Si une diminution significative de la douleur est observée
à la suite d'un bloc sympathique, on conclut que la douleur
du patient est maintenue par le système nerveux sympathique
(DMS). S'il n'y a pas de diminution significative de la
douleur, on conclut que la douleur est indépendante du système
nerveux sympathique (DIS). Seuls les patients présentant
une DMS doivent être considérés pour une sympathectomie.
Le patient est avisé de ne pas attendre plus de soulagement
de la douleur par un bloc permanent, p. ex. une sympathectomie,
que ce qu'ils ont reçu par un BGS ou un BSL. Ainsi, le patient
doit faire vraiment attention à la magnitude du soulagement
de la douleur et à l'amélioration de la fonction après chaque
bloc sympathique. 30-32
La sympathectomie est une procédure relativement invasive
présentant de possibles complications. Cette solution devrait
être envisagée par les patients seulement s'ils sont sûrs
des bénéfices thérapeutiques temporaires d'une série de
BGS ou de BSL qu'ils reçoivent.
La sympathectomie laparascopique a été récemment développée
pour la sympathectomie des membres supérieurs. 33
Cette technique exige le placement temporaire de trois petits
trous sur le côté de la paroi thoracique alors que le patient
est sous anesthésie générale. Pour les membres inférieurs,
le patient peut choisir soit la dissolution (destruction)
des nerfs sympathiques avec une injection de phénol par
une aiguille, tout à fait éveillé, (neurolyse sympathique
percutanée au phénol) soit la sympathectomie chirurgicale
sous anesthésie générale. D'autres techniques de sympathectomie
ont aussi été utilisées. Le patient doit être informé des
avantages et inconvénients de chacune des approches.
La douleur après une sympathectomie (névralgie) est une
complication possible de tous les types de sympathectomie.
4,34 La douleur après une sympathectomie
est typiquement proximale à la douleur originale (p. ex.
proximale signifie que la douleur peut apparaître pour la
première fois dans la région de l'aine ou des fesses pour
une sympathectomie des membres inférieurs et dans la région
des parois thoraciques pour une sympathectomie des membres
supérieurs). Les patients peuvent croire que la DSR/SDRC
s'est étendue à une nouvelle région après la sympathectomie
parce que la douleur est similaire à la douleur originale
causée par la DSR/SDRC. La douleur après une sympathectomie
disparaît habituellement d'elle-même ou avec 1 à 3 blocs
sympathiques. Ainsi, pour certains patients, la sympathectomie
peut devenir une procédure à deux étapes; d'abord la destruction
des nerfs sympathiques, puis un bloc sympathique.
Les données publiées 35
indiquent que la sympathectomie peut offrir l'un des traitements
plus efficaces aux patients de DSR/SDRC correctement sélectionnés.
Les critères de sélection de la sympathectomie sont des
critiques pour atteindre un succès à long terme.
7. Placebo :
L'effet placebo (diminution de la douleur causée par un
traitement inactif telle qu'une pilule de sucre) doit être
considéré dans le traitement de la DSR/SDRC. Bien que le
pourcentage de 33% soit habituellement considéré dans plusieurs
articles et manuels comme le pourcentage des gens qui répondent
à un placebo, cela peut être trompeur car ce « pourcentage
» varie grandement (près de 0% à 100%) selon les circonstances
exactes. Le médecin et le patient doivent avoir une compréhension
de l'effet placebo, sinon le patient risque d'être traité
de manière excessive. Établir une différence entre un effet
placebo et un effet spécifique de soulagement de la douleur
peut être difficile, mais il y a certaines caractéristiques
distinctives.
- Plus le
traitement lui-même est invasif, plus l'effet placebo
est grand. 4,36
- Plus l'attente
de soulagement de la douleur est grande, plus l'effet
placebo est grand. 4,36
- L'effet
placebo tend à être de plus courte durée. Par exemple,
une surveillance étroite de la douleur du patient
pendant des heures et jours après chaque bloc sympathique
a démontré que l'effet de réduction de la douleur
d'une injection de sérum physiologique (placebo) disparaît
dans les premières heures après le traitement alors
que l'effet de l'injection d'un agent anesthésique
local persiste pendant plusieurs jours. 4
- L'effet
placebo est moins reproductible avec chaque traitement
successif. 4,36
Offrir
à chaque patient une série de blocs sympathiques séparés
par un bref intervalle (p. ex. une semaine), simplement
pour déterminer si de tels blocs constituent un traitement
efficace, pourrait donc être d'une grande valeur thérapeutique.
La durée du soulagement de la douleur et de l'amélioration
de la fonction doit être surveillée de près par le patient.
L'effet réel de l'agent « anesthésique » local utilisé lors
du bloc sympathique ne dure que quelques heures. Toutefois,
les patients souffrant de DMS ressentent habituellement
un soulagement de la douleur qui surpasse la durée de l'effet
de l'agent anesthésique local. On croit que ce type de soulagement
prolongé et l'amélioration de la mobilité au-delà de la
durée du bloc indique un élément d'activité « réflexe »
ou un « cercle vicieux » dans la région affectée, soit pour
un spasme musculaire soit pour une suractivité sympathique.
Certains patients ne peuvent pas rapporter de façon correcte
les effets des blocs sympathiques et ce, intentionnellement
ou non. Comme on a mentionné ci-dessus, un bon bloc sympathique
offre une sensation de chaleur qui sera utilisée comme «
indice. » Certains patients répondent au changement de sensation
en anticipant les résultats ou en déclarant qu'il y a une
réduction réellement perçue de la douleur. D'autres peuvent
rapporter un soulagement fictif de la douleur, car ils croient
que cela est nécessaire pour obtenir de futurs traitements,
des soins ou d'autres gains désirés. Certains patients peuvent
croire que certain « traitement » est meilleur que tous
les autres, même si ce traitement est inefficace. 36
8. Autres types de « blocs
sympathiques »
Un agent bloquant (antagoniste alpha adrénergique), la phentolamine,
administré par voie intraveineuse, a été recommandé pour
le diagnostic de la DMS. Cependant, un taux de faux négatifs
de 43% a été rapporté. De plus, cette approche est quelque
peu élaborée et requière un temps (technicien) et des dépenses
considérables. 4
Le test de phentolamine est une procédure diagnostique alors
que le bloc sympathique est une procédure diagnostique,
pronostique et thérapeutique. 37
Toutefois, le test de phentolamine peut constituer une option
de traitement précieuse dans les situations où un bloc sympathique
n'est pas possible ou lorsque plusieurs membres sont impliqués.
Les blocs épiduraux sont moins spécifiques pour bloquer
le système nerveux sympathique, par conséquent ils ne sont
pas tellement utiles pour le diagnostic et le pronostic.
L'infusion d'un agent anesthésique local par un cathéter
épidural pourrait causer une faiblesse temporaire des jambes,
ce qui rend la marche dangereuse. Le placement des cathéters
épiduraux à long terme pour traiter la DSR/SDRC est encore
en usage. C'est parce que les anesthésiologistes sont peut-être
plus familiarisés avec la technique du cathéter épidural
qu'avec la technique sélective du bloc sympathique. L'approche
du cathéter épidural à long terme est plus chère, et les
patients sont exposés à un risque plus grand de certaines
complications assez rares menaçant la vie, p. ex. l'infection
(l'abcès épidural).
Une autre technique utilisée pour réaliser un bloc sympathique
implique l'injection intraveineuse d'agents bloquants du
système sympathique (p. ex. guanéthidine, bretylium et clonidine)
dans le membre tout en limitant la dispersion de l'agent
dans d'autres parties du corps en appliquant un tourniquet
au membre. 5
Cette méthode requière le placement d'une intraveineuse
dans le membre douloureux et peut s'avérer extrêmement difficile
techniquement à cause de l'enflure sévère (odème) du membre.
Le patient peut être incapable de confirmer qu'il a reçu
un bloc sympathique car « l'indice », la sensation de réchauffement
du membre, peut ne pas être ressenti. De plus, il n'existe
pas de preuve que cette technique est plus efficace que
les blocs sympathiques usuels pour le diagnostic et le traitement
de la DSR/SDRC. La technique intraveineuse-tourniquet utilisant
un agent bloquant la réponse sympathique peut être considérée
comme une option pour les patients qui doivent prendre des
médicaments pour éclaircir le sang (anticoagulants) et où
un BGS ou un BSL pourrait causer des saignements majeurs.
9. La stimulation de la
moelle épinière (SME) :
La figure 3 illustre une autre méthode de contrôle de la
douleur qui fonctionne bien chez certains patients présentant
une douleur chronique incurable causée par la DSR/SDRC.
La stimulation de la moelle épinière (SME) utilise des impulsions
électriques de faible intensité pour déclencher certaines
fibres nerveuses sélectionnées le long de la moelle épinière
(colonne dorsale). On croit que ceci empêche la transmission
des messages douloureux au cerveau. La SME remplace la zone
de douleur intense par une sensation plus plaisante de picotements
appelée paresthésie. 39-42
La sensation de picotements demeurera relativement constante
et ne devrait pas faire mal. Il existe des évidences expérimentales
qui indiquent que la SME augmente le flux sanguin au membre
affecté en bloquant le système nerveux sympathique. 43-45
FIGURE
3
Un essai temporaire, avec une électrode temporaire, devrait
être fait avant l'implantation des électrodes permanentes.
Puisque la SME est relativement invasive et dispendieuse
et puisque les patients présentant la DSR/SDRC sont souvent
désespérés et frustrés, on devrait considérer une évaluation
psychosociale qui adresserait les problèmes en matière de
traitement de la douleur. Quoique rares, l'infection spinale
et la paralysie sont des complications potentielles. La
possibilité d'insérer l'électrode par une petite aiguille
a réduit le risque de la procédure et a facilité l'essai
avec une électrode temporaire.
Le traitement de la DSR/SDRC avec la SME pose des problèmes
cliniques et techniques inhabituels. Du point de vue technique,
la DSR/SDRC est souvent une maladie imprévisible. Le besoin
de centrer la SME sur la région la plus douloureuse doit
être gardé en tête. Ceci est plus difficile avec la DSR/SDRC
parce que la localisation de la pire douleur peut changer.
De plus, la douleur de la DSR/SDRC peut s'étendre aux parties
distales du corps, ce qui requière de multiples et successifs
stimulateurs implantés de façon à couvrir la plus large
surface possible. Ainsi, même lorsque la DSR/SDRC est limitée
à un membre, il est prudent d'étendre la stimulation aux
zones où la douleur risque de s'étendre.
À cause des risques et des coûts substantiels inhérents
à la stimulation de la moelle épinière, ce traitement est
réservé aux patients sévèrement handicapés. Une étude récente
bien contrôlée démontre qu'avec une sélection soigneuse
des patients et un test de stimulation réussi, la SME est
sûre, réduit la douleur et améliore la qualité de vie des
patients atteints de DSR/SDRC sévère. 46,47
Le Système à Pile Externe
Versus le Système à Pile Interne pour la Stimulation de
la Moelle Épinière
Afin de faire un choix éclairé concernant la SME, le patient
et le médecin devraient considérer les différences pertinentes
entre les systèmes à pile interne et externe. Dans cette
section, nous discuterons des mérites relatifs des systèmes
à pile interne et externe pour la stimulation de la moelle
épinière.
CLIQUEZ
ICI
10. Pompes à morphine :
Il est reconnu qu'une seule injection de morphine dans le
liquide spinal (à l'intérieur de l'espace intrathécal) produit
un effet sélectif de bloc de la douleur sur la moelle épinière.
Cet effet sélectif sur la moelle épinière évite au patient
plusieurs effets secondaires sérieux causés par la morphine
lorsqu'elle est administrée oralement (p. ex. sédation).
36 Peu de
temps après cette découverte, un enthousiasme s'est développé
pour implanter des pompes à morphine permanentes pour traiter
la douleur chronique d'origine non cancéreuse, et ce, spécialement
après que l'assurance maladie approuva le remboursement
de cette procédure chirurgicale. L'implantation d'une pompe
à morphine est une modalité de traitement relativement invasive
et dispendieuse. 36
Malgré près de vingt ans de tests, il n'existe pas d'évidence
scientifique qui prouve que l'utilisation à long-terme de
la pompe à morphine offre un avantage par rapport à la morphine
orale pour traiter des syndromes douloureux chroniques incluant
la DSR/SDRC. En fait, plusieurs patients implantés avec
la pompe à morphine prennent également de la morphine oralement.
Les mêmes complications quelquefois associées à la prise
de morphine par voie orale sont aussi observées avec l'utilisation
de la pompe à morphine, comme le développement d'une tolérance
au médicament, la nausée, la constipation, le gain de poids,
la diminution de l'appétit sexuel (libido), les jambes enflées
(odème), et l'augmentation de la sudation. 48-50
De plus, le fonctionnement défectueux de la pompe (délogement
du cathéter) peut représenter un problème significatif.
50
Une étude récente indique qu'avec une sélection soignée
des patients, l'implantation d'une pompe servant à l'infusion
spinale de baclofen peut s'avérer une aide précieuse pour
traiter un certain type de crampe musculaire appelé dystonie
chez les patients présentant une DSR/SDRC sévère. 51
11. Comment
déterminer l'efficacité des traitements pour la DSR/SDRC
:
Le Dr Anthony F. Kirkpatrick, qui détient la Chaire du Comité
scientifique consultatif, nous a donné une section des Directives
de la pratique clinique consacrée à la manière dont les
patients peuvent déterminer l'efficacité des traitements
de la DSR/SDRC. Cette section est basée sur l'allocution
du Dr Kirkpatrick à la Troisième Conférence nationale de
l'AADSR qui s'est tenue du 15 au 16 octobre 1999 à Atlantic
City, New Jersey.
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Une vidéo de 30 minutes sur la DSR/SDRC chez les enfants
a été attentivement révisée par un panel international d'experts
dans la réunion internationale pour la " Mise à jour sur
la DSR/SDRC " tenue à l'Université de South Florida, du
1e au 2 février 2002. Résultant des commentaires faits par
ce panel, la vidéo a été étendue à 43 minutes, afin de couvrir
une gamme plus large de questions. Lors de la préparation
de la version étendue de cette vidéo, il a fallu prendre
conseil des experts en traitement de la douleur pédiatrique.
Parmi ces personnes, on a compté le Dr Sabine Kost-Byerly,
de l'Université Johns Hopkins ; le Dr Robert Wilder, de
la Clinique Mayo, et le Dr Robert Schwartzman, de l'Université
Allegheny de Sciences de la Santé. Pour voir la vidéo gratuitement
: (anglais seulement)
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